L'intouchable "Principe de Précaution"

Conclusion de l'interview de M. François Ewald (Philosophe, Professeur au conservatoire national des arts et métiers) par 'Le Monde' à propos de la grippe H1N1 et de la polémique sur l'organisation de la prévention sanitaire qui en a découlé.

 

<< ... L'application demain, du principe de précaution a toutes les chances de passer par les mêmes phases : excès dans l'évaluation de la menace, puis déception.

Avec le principe de précaution, on revient sur cette ascèse chère aux philosophes du XVIII° selon laquelle un jugement juste devrait être dépassionné. Et nous revendiquons ainsi, un nouvel usage des émotions, de la peur en particulier, qui ne préserve pas de l'erreur.

Le principe de précaution, loin de renforcer l'autorité de l'État, l'affaiblit et finalement prive la décision publique de sa légitimité. Enfin, en raison de l'exagération des émotions qui le constitue, il tend à placer la société dans une situation de crise d'urgence permanente, comme on le constate par exemple avec la question du climat.

Cela témoigne d'un changement de paradigme politique, à une sorte d'hyper-démocratie des individus qui est fort préoccupante. Car, dans un tel monde de dispersion des valeurs et des passions, on ne voit plus ce qui pourrait rassembler les individus déboussolés. >>



03/04/2010
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres