La Quête du "J'Râle"

La première des choses à faire pour devenir célèbre en matière de politique, c'est de râler et surtout d'inciter les autres ou d'accorder du crédit aux autres dans leur revendications. Bien entendu, plus les revendications sont présomptueuses et plus le taux d'écoute, et la valeur ajoutée de sa propre popularité augmente.

Et, les sujets les plus vendeurs se partage la « une » médiatique :

Le Fameux pouvoir d'achat a ainsi été le meilleur produit des campagnes de 'propagandélections'. Pourquoi faudrait-il continuer d'imprimer dans l'esprit collectif que leur besoin majeur est de pouvoir consommer encore et toujours plus ? Jusqu'à quel niveau pourrions nous encore continuer d'aspirer ? combien de veaux, vaches, cochons devons nous encore ingurgiter pour se sentir enfin rassasié ? jusqu'où notre prétention pourra-t-elle revendiquer de masquer notre vanité par un pseudo besoin ?

Quelque soit le niveau de notre satiété, on aspire toujours à en vouloir plus…

Ce fait, bien que congénital, évolue en permanence, et possède une forte propension à l'emballement. La quête de l'être humain pour améliorer sa condition d'existence ne date pas d'hier. D'une part cette aspiration apparaît comme légitime et source d'évolution (c'était le moteur du développement de l'humanité), et d'autre part, l'emballement de cette recherche débouche sur la convoitise et la lutte pour s'approprier le bien matériel voire même immatériel. D'un côté l'aspiration humaine à s'approprier les choses va l'amener à grandir, et d'un autre côté avilissant, la convoitise et la lutte seront les éléments réducteurs de sa propre perte.

La difficulté du chalenge consiste donc à l'équilibre. Supposons que toutes nos énergies soient focalisées sur la recherche de l'équilibre où l'on n'ai plus qu'un seul souhait : celui de conserver le plus longtemps possible, le meilleur compromis entre ce dont on a envie et ce qui se limite au besoin.

Idéalisme !

Sans doute, mais culturellement, on a bien appris que la quête humaine, morale et socialement correcte, est la recherche du bonheur… Certains même ce sont essayés à en donner une définition. Aucun philosophe n'a promu la convoitise au rang d'une quête légitime. Et c'est bien cette convoitise qui a suscité les plus grandes horreurs de l'humanité, aidée, il faut le reconnaître, par le puissant outil que représente l'autorité. Cf. l'expérience de Milgram (assez bien rapportée dans le film I comme Iccarre).


Imaginons une personne influente, compétente, et bien dotée de ce petit brin de chance qui fait qu'en saisissant le bon moment, elle va pouvoir se hisser au dessus du lot, et acquérir plus facilement des biens que ses congénères. Comment faire pour qu'il lui soit naturel et normale, de se contenter de ce qui est équilibré, et qu'elle rétribue équitablement les profits de leurs activités, avec tout ceux qui y ont contribué  ?

Ce serait pourtant bien un équilibre de satisfaction qui engendrerait du bonheur.

Les tentatives collectivistes ont largement échouées dans tous les domaines y compris l'équité. Le libéralisme a prouvé qu'il favorisait l'entreprise et la créativité mais malheureusement sans effet pour améliorer l'équité. Le Patriarcat et le totalitarisme ont bien répondu dans de nombreux cas, mais toujours de courte durée car le despote succède toujours au bon roi.

Alors que reste-t-il ?

La morale !

Oui vous savez ce vieux truc désuet et totalement démodé.

En fait plus la morale s'inscrit naturellement dans un groupe, et plus ce groupe s'en satisfait.

C'est un ensemble restreint de petites règles extrêmement simples, compréhensibles par tous et qui ne souffrent d'aucune équivoque. C'est pas tous les jours qu'on entend parler de choses comme ça ! Mais avec ces règles simples il n'est pas morale d'aller voler des enfants en Afrique en leur expliquant qu'ils ne savent pas vivre, et que nous on sait mieux que tout le monde ce qui est bon pour eux... Je ne connais pas de lois, pas même internationale, qui ne permette d'expliquer cela.

Évidemment on ne peut pas dire : « tient ! demain ce sera la morale au pouvoir ! »

En revanche on dit bien « liberté, égalité, fraternité »

Nombreuses grandes idées des philosophes de lumière ont su traverser les frontières et le temps. La liberté, les droits de l'homme, le pouvoir du peuple souverain, …mais la morale et les lois universelles, n'ont pas eu le même répondant. Pourtant, une république laïque pourrait très bien s'enorgueillir des lois universelles que constitue la morale. L'effet pourrait se ressentir au bout de quelques décennies, et après ! qu'est-ce qu'un siècle pour une bonne cause.

En attendant, les seigneurs de la politique pourront continuer à se gaver, en accusant les grands patrons de se tisser des parachutes dorés (en politique il n'en ont pas besoin : il n'y pas de chute) et la déchéance sera l'exemplarité.

Il faut toujours garder à l'esprit que les élus sont tributaires des courants de pensée des gens qui votent pour eux. Ils doivent donc coller à ces courants pour exercer leur métier et tirer leur profit. La vraie puissance revient donc à ceux qui génèrent ces courants de pensée : les artistes, les écrivains, les journalistes... Ceux-là, alors s'ils excellent, peuvent en effet changer progressivement le monde.

Jusqu'à présent, le foisonnement n'a pas été franchement bénéfique. A force d'émettre des controverses, tout devient critiquable, tout devient douteux, le socle et la base s'affaiblissent par manque de conviction. Il est temps de remettre au pinacle les relations morales et l'engagement moral du créatif, puis du dirigeant, puis de l'entrepreneur, puis de l'exécutant.

_ _ _ _



03/04/2010
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres